Loi EGAlim : Lancement des débats dans l’hémicycle

Discours d'introduction à la séance publique EGAlim

Discours d’introduction prononcé le 22 mai 2018


Merci Madame la Présidente,

Monsieur le Ministre,

Monsieur le Président de la Commission des Affaires Economiques,

Madame la Présidente de la Commission DDAT

Monsieur le Rapporteur,

Madame la Rapporteure pour avis,

Mes chers collègues,

Nous voici réunis afin d’examiner en séance, le projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable, un travail que nous avons engagé depuis maintenant plusieurs mois, de manière collective, afin de porter les réformes nécessaires au secteur agricole.

Il y a maintenant presqu’un an, en juin dernier, le Président de la République annonçait la mise en place d’une grande consultation inédite : les Etats Généraux de l’Alimentation.

Je dis inédite, car pour la première fois, et ce, durant plusieurs mois, la parole a été donnée à tous les acteurs du monde agricole.
Ainsi, producteurs, distributeurs, consommateurs, et associations, ont débattu ensemble, des difficultés et des attentes de chacun.

A cet effet, je tiens à saluer le travail qu’a été celui de tout le gouvernement, et en particulier le vôtre, Monsieur le Ministre pour la tenue de ces Etats Généraux de l’Alimentation.
Vous avez su être à la rencontre de tous les acteurs et ce projet de loi en est la transposition.

Proposer des solutions concrètes en prenant en compte les retours des principaux concernés, voici ce qui est à l’origine de ce texte et qui fait la force, la ligne directrice, de la politique de notre gouvernement.

Comme vous le savez, mes Chers collègues, depuis maintenant plusieurs années, des mutations profondes sont à l’œuvre dans le secteur agroalimentaire : concurrence exacerbée des marchés, nouveaux acteurs qui les déstabilisent, habitudes nouvelles de consommations et attentes sociétales fortes, viennent de manière persistante questionner les pratiques d’élevage et les modes de production.

Les agriculteurs sont en première ligne et subissent directement les chocs induits par la volatilité des prix.

Lors des EGA, 14 ateliers ont permis d’aborder trois angles ici essentiels :
– le paiement de prix justes pour nos agriculteurs ;
– L’accompagnement de la transformation des modèles de production pour répondre au mieux aux attentes des consommateurs ;
– La promotion d’une alimentation saine et durable accessible à tous.

C’est sur ce dernier point que le Titre II du présent projet de loi se concentre.

Nos échanges en commissions ont été denses, et je tiens à tous vous saluer pour le travail dont nous avons fait preuve ces dernières semaines afin d’étoffer ce texte.
Les auditions dument menées par les Rapporteurs ont su nous éclairer davantage, tout comme nos diverses expériences professionnelles.
Bon nombre d’entre nous sont d’ailleurs eux-mêmes des agriculteurs, mais tous ici, nous pouvons dire que nous sommes surtout des citoyens, des consommateurs, des pères et mères de famille.
Nous sommes donc tous concernés par l’avenir de nos producteurs, par la qualité de notre alimentation, par le respect de l’environnement et des animaux que nous côtoyons, et en ce sens, nous portons à cœur ce sujet.

Les scandales alimentaires de ces dernières années ont fait douter les citoyens de la qualité de leur alimentation et par conséquent de leur agriculture.
Il s’agit ici pour nous, chers collègues, de leur redonner confiance en remettant au centre des préoccupations à la fois l’urgence sanitaire et environnementale.

N’oublions pas que le savoir faire des paysans français est envié à travers le monde, que la richesse de nos terroirs, la qualité de nos produits, font la réputation de notre pays.

C’est donc un défi d’avenir face auquel nous sommes confrontés, pour la pérennité de notre agriculture, pour la vitalité de nos campagnes qui font notre fierté et pour notre souveraineté alimentaire.

Ce contexte nous est bien connu et justifiait les engagements pris très tôt par la majorité. Aujourd’hui, nous devons toutes et tous prendre nos responsabilités : membres du gouvernement, parlementaires, professionnels et consommateurs.

Nous prenons nos responsabilités sur des sujets dument souhaités par nos concitoyens et nous nous engageons :
– A une alimentation de qualité au sein de nos restaurations collectives
– A une éducation alimentaire et à des mesures contre le gaspillage
– A une réduction des produits phytosanitaires
– A la mise en place de formation au bien-être animal pour le personnel au sein des abattoirs
– Et bien d’autres sujets dont nous allons débattre dans quelques instants

Ainsi, mes chers collègues, je souhaite vivement que les échanges à venir se déroulent dans le même esprit constructif que celui qui a présidé nos travaux en commission.
Nous avons entre nos mains un texte essentiel pour notre avenir, pour la santé de nos enfants, et pour la santé des terres que nous leur laisserons.
Prenons acte de ces enjeux et engageons-nous dans une véritable transformation de nos pratiques.