Contravention pour non dénonciation et entreprises unipersonnelles

Question n° 17576 – publiée au JO : 05/03/2019

Sécurité routière

Contravention pour non dénonciation et entreprises unipersonnelles

Mme Sandrine Le Feur attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur les contraventions pour non-dénonciation visant des entreprises.

En effet, pour responsabiliser les conducteurs, renforcer la sécurité routière et éviter les contournements de sanctions notamment pour excès de vitesse, l’article L. 121-6 du code de la route, arrêté du 15 décembre 2016 entré en vigueur le 1er janvier 2017 prévoit une contravention pour non désignation du conducteur auteur d’une infraction au code de la route constatée par un radar automatique. Pour une application effective des sanctions prévues, notamment en termes de décompte des points de permis de conduire, il dispose que les chefs d’entreprises donnent l’identité et l’adresse du salarié fautif.

Cependant, aujourd’hui, cela a la tendance néfaste de sanctionner de jeunes chefs d’entreprises unipersonnelles, qui règlent sans contester leurs amendes et pensent sincèrement qu’ils sont d’office considérés nominativement comme les fautifs, étant seuls dans leurs entreprises, et ne comprennent pas qu’ils sont tenus de se dénoncer. Ne recourant donc pas à une auto-dénonciation explicite, ils encourent l’amende forfaitaire de 675 euros qui peut être majorée à 1 875 euros pour non-respect des délais, les courriers de relance n’arrivant pas toujours au destinataire. Dans le cas de TPE fragiles, ces pénalités impactent lourdement leur trésorerie.

Cette réglementation a pour but de sanctionner les chefs d’entreprises, qui à la faveur de failles du système essayaient sciemment de contourner une perte de points en utilisant un véhicule appartenant à leur société. Néanmoins, alors que le droit à l’erreur est prôné, il est paradoxal de sanctionner doublement les autoentrepreneurs, certes fautifs au regard de la réglementation, mais de bonne foi et n’ayant pas saisi le mécanisme de la désignation du conducteur. Cette mesure engendre un nombre conséquent de réclamations auprès des autorités. Le défenseur des droits s’est d’ailleurs saisi du sujet. Il serait approprié d’éviter les conséquences néfastes en informant davantage les chefs d’entreprises, particulièrement les unipersonnelles sur ce sujet. C’est un enjeu économique réel. Il est également à noter que ce contexte nourrit de part et d’autre un sentiment qui a tendance à toucher des jeunes entrepreneurs, qui est celui de ne pas être soutenu par le Gouvernement. Ils dénoncent un manque de « bon sens » et des « abus ».

C’est pourquoi, elle souhaiterait une clarification de cette mesure et de son application auprès des chefs d’entreprises et également envisager une simplification de l’application de cet article pour les entreprises unipersonnelles. Elle souhaite connaître les améliorations que le Gouvernement pourrait apporter.