Précarité des Assistants d’Éducation (AED)

Question n°17484 – déposée au JO : 05/03/2019

Éducation Nationale et jeunesse

Précarité des Assistants d’Éducation (AED)

Mme Sandrine Le Feur attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse sur la précarité du statut des assistants d’éducation (AED).

Les AED remplissent des missions très diverses, qui sont loin de se borner à un rôle de surveillance et d’encadrement des élèves. Le large spectre des activités liées à l’assistance à l’équipe éducative les concerne : ils sont fréquemment mobilisés pour participer à des tâches administratives diverses, au contact permanent de la vie scolaire ils sont amenés à exercer un rôle de médiateur et peuvent au besoin assurer le suivi de certains profils d’élèves pour pallier les manques de psychologues, conseillers d’orientation ou assistants sociaux que connaissent des établissements, particulièrement en zone REP.

Leur très grande polyvalence en fait un rouage indispensable au vivre ensemble dans les établissements et à l’éducation nationale. Depuis la loi de 2012, les postes d’AED sont ouverts à tous et ne sont plus uniquement un emploi tremplin pour des étudiants comme cela pouvait l’être auparavant. D’ailleurs, sur le terrain aujourd’hui seulement 30 % des AED seraient des étudiants. La profession ne peut donc plus être considérée comme un complément de revenu. Cette évolution réglementaire répond à celle de la société, à celle des réalités scolaires qui nécessitent une montée en compétence et des profils différents.

Alors que la fonction d’AED devient un métier à part entière, il conviendrait de faire évoluer le statut pour davantage de reconnaissance des spécificités de cette profession. À ce titre, les AED aspirent à avoir droit à une formation spécifique à l’accompagnement social pour être mieux armés au quotidien, mais aussi pour préparer une insertion professionnelle durable. La plupart d’entre eux ont acquis des compétences professionnelles qui ne peuvent être actuellement reconnues par l’éducation nationale et qui ne peuvent donner lieu à une validation des acquis de l’expérience. En contrat d’un an renouvelable six fois, ils connaissent également une réelle précarité qui ne leur permet pas d’envisager sereinement l’avenir.

Elle souhaite donc savoir si le Gouvernement envisage des mesures pour améliorer la reconnaissance des AED, leur permettre de suivre des formations adaptées et pérenniser ces emplois.