1er mai : mettre fin à une incohérence pour nos boulangers et nos fleuristes
9 avril 2026
Le 1er mai est un jour particulier. Un jour férié, chargé d’histoire, mais aussi un jour où beaucoup d’entre nous passent chez le boulanger ou achètent un brin de muguet. Pourtant, pour les boulangers et les fleuristes, cette journée est devenue un casse-tête : ouvrir pour répondre à la demande des clients… ou rester fermé pour éviter une amende ? Face à cette situation, mon groupe Ensemble pour la République a décidé d’agir, je vous raconte.
L’année dernière, une partie des commerçants ayant fait le choix d’ouvrir le 1er mai ont été verbalisés : une amende de 750 € par salarié. Une sanction lourde, qui place chaque année ces professionnels devant le même dilemme : se priver d’un chiffre d’affaires important et priver les habitants d’un service attendu, ou bien ouvrir malgré tout, au risque d’être sanctionnés.
À l’Assemblée nationale, mon groupe a entendu l’appel de ces professionnels, qui formulent en réalité une demande de bon sens : permettre à ceux qui le souhaitent d’ouvrir leur boutique le 1er mai, y compris avec leurs salariés. Cette possibilité existait déjà dans une instruction ministérielle de 1986, qui autorisait les établissements bénéficiant d’une dérogation au travail dominical à ouvrir ce jour-là. Mais une décision de la Cour de cassation rendue en 2006 a remis en cause cette interprétation, créant depuis lors une véritable insécurité juridique. Les verbalisations récentes en sont la conséquence directe.
C’est la raison pour laquelle nous avons déposé une proposition de loi, débattue ce vendredi 10 avril en hémicycle, et soutenue par la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française et la Fédération française des artisans fleuristes.
Notre objectif est simple : permettre aux commerçants qui le souhaitent d’ouvrir le 1er mai, avec leurs salariés, sur la base du volontariat et avec une rémunération doublée.
Mais soyons très clairs : il ne s’agit en aucun cas de remettre en cause le 1er mai.
Cette journée est particulière dans notre calendrier républicain. Elle est la seule fête légale obligatoirement chômée et payée. Elle symbolise les luttes sociales, les conquêtes des travailleurs. Elle doit évidemment rester un jour à part.
La proposition de loi ne supprime donc pas ce jour férié. Elle ne rend pas le travail obligatoire. Elle ne crée pas une ouverture généralisée des commerces. Elle vise simplement à corriger une incohérence.
Aujourd’hui, certaines grandes enseignes peuvent ouvrir, tandis que des artisans de proximité sont sanctionnés s’ils veulent simplement vendre du pain ou du muguet. Autrement dit, les grandes chaînes peuvent travailler quand les commerces de village en sont empêchés.
Ce n’est ni logique, ni juste.
Ce que nous proposons, c’est de redonner de la liberté à celles et ceux qui font vivre nos centres-bourgs et nos quartiers : liberté pour le commerçant d’ouvrir s’il le souhaite, liberté pour le salarié de travailler sur la base du volontariat, liberté aussi pour les habitants de continuer à faire vivre leurs commerces de proximité.
Derrière ce débat, il y a une question simple : voulons-nous protéger uniquement un principe, ou aussi celles et ceux qui font vivre nos territoires au quotidien ?
Pour ma part, je pense que l’on peut faire les deux. Et c’est exactement l’esprit de cette proposition de loi, que je voterai !