Rencontre avec la DASEN
Carte scolaire : adapter l’école à la réalité démographique
6 mars 2026
Les vacances scolaires d’hiver viennent de se terminer et l’actualité apparaît plutôt mouvementée au sein des écoles de la circonscription. Certaines d’entre elles organisent des rassemblements pour alerter les pouvoirs publics sur le maintien des classes et la stabilité des organisations pédagogiques. Avec parfois des images très fortes, comme au Cloître Saint Thégonnec où les enfants ont fait procession autour d’un cercueil symbolisant l’école, sous le regard de l’Ankou. J’avais rendez-vous en début de semaine avec la directrice académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) pour parler de l’évolution de la carte scolaire de la rentrée 2026, qui s’adapte chaque année aux réalités de terrain : résumé de ce rendez-vous.
Nos établissements scolaires sont tellement plus que des lieux d’apprentissage. L’école c’est la vie dans nos bourgs, le symbole vivant de l’avenir du village !
Une fermeture de classe est une décision à la symbolique importante, vécue localement comme un pas vers le déclin.
Alors, chaque suppression de poste sur le territoire doit-il faire l’objet d’une résistance et que nous fassions bloc ?
En dehors des postures, le sujet doit être mis en perspective avec les réalités de la démographie scolaire. Elle est pour le moins vertigineuse, tant les chiffres parlent d’eux-mêmes : la chute d’enfants en âge d’être scolarisés est impressionnant :
➢ Depuis 2018, ce sont 10 000 élèves en moins que compte le premier degré dans le Finistère.
➢ Moins 1040 élèves entre la rentrée 2025 et la rentrée 2026
➢ Dans le second degré aussi, on perd beaucoup d’élèves, en l’occurrence 800 collégiens, soit l’équivalent de deux collèges moyens.
➢ Surtout, nous avons perdu en un an dans le Finistère plus de 400 enfants de l’âge de 3 ans.
Autant d’enfants qui ne sont pas nés, et un indicateur clair que nous faisons face à une tendance démographique de fond. La circonscription est particulièrement touchée : 16 % d’élèves en moins en un an et 36 % de naissances en moins en douze ans. Dans ces conditions, il est compréhensible que l’on ne puisse maintenir à l’identique le nombre d’enseignants.
On entend souvent que les fermetures de classes répondraient à une logique budgétaire et comptable. La réalité est pourtant plus complexe : dans le contexte budgétaire très contraint que nous connaissons, le Gouvernement a préservé le budget de l’Education Nationale, en l’augmentant de deux millions d’euros pour 2026.
Cela permet de mobiliser plus de moyens pour créer des pôles d’accompagnement des écoles, pour l’inclusion de tous les élèves et surtout pour améliorer le taux d’encadrement. 21,5 élèves par classe en moyenne sur la circonscription : cet objectif sera tenu à la rentrée 2026, et il faut le dire ce sont des conditions d’apprentissage qui font d’autres académies envieuses !
Pour autant, une attention particulière doit être portée aux écoles rurales, qui sont souvent des petites structures, ou celles qui s’adressent aux familles les moins favorisées socialement.
En tant que députée, et maman d’un enfant scolarisé en zone rurale, j’y suis vigilante et alerte l’Inspection académique du Finistère au cas par cas pour maintenir la stabilité là où cela est indispensable pour garantir l’égalité des chances, notre promesse républicaine. J’ai rappelé mon attachement à ce principe lors de mon rendez-vous avec la DASEN cette semaine.
Si le débat sur la carte scolaire cristallise tant les passions, c’est parce que nous savons la valeur de ce trésor à protéger. La Bretagne demeure une terre d’excellence académique, avec des taux de réussite et une maîtrise des fondamentaux caracole en tête des classements nationaux.
Cette réussite ne doit rien au hasard : elle est le fruit d'un engagement sans failles de nos enseignants et d'un encadrement que nous choisissons de préserver qualitativement, même quand le nombre d'élèves recule.
Car l’enjeu est là : transformer ce défi démographique en une opportunité, celle d’offrir à chaque enfant breton, qu’il vienne d’un bourg rural ou d’une zone urbaine, les conditions d’une réussite qui fait aujourd'hui notre fierté.