La SNANC a été publiée cette semaine, décryptage !
Mieux manger pour mieux protéger : décryptage de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat
13 février 2026
C’était un texte attendu de longue date, prévu dans la Loi Action-Climat, la même qui prévoit la lutte contre l’artificialisation des sols pour laquelle je suis engagée : la Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat (SNANC) a été présentée cette semaine. Je l’ai lue pour vous, et voici ce que j’en retiens.
C’était un texte attendu de longue date, prévu dans la Loi Action-Climat, la même qui prévoit la lutte contre l’artificialisation des sols pour laquelle je suis engagée : la Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat (SNANC) a été présentée cette semaine. Je l’ai lue pour vous, et voici ce que j’en retiens.
D’abord un peu de contexte. La SNANC se présente comme un cadre stratégique transversal, articulant trois politiques publiques jusqu’ici largement sectorisées : la politique agricole, la politique nutritionnelle et la politique climatique. Elle assume ainsi que l’alimentation est à la fois un enjeu de santé publique, de transition écologique, de justice sociale et de souveraineté nationale. J’avais d’ailleurs participé aux consultations mises en place pour la rédaction de ce rapport, et avais rappelé l’importance d’en faire une politique transversale entre les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé.
Un peu d’histoire ensuite.Le texte souligne la transformation de nos régimes alimentaires au cours du XXᵉ siècle : plus riches, avec davantage de viande et de produits industriels. Il met aussi en évidence la persistance d’inégalités sociales fortes dans l’accès à une alimentation de qualité. Les ménages modestes restent les plus exposés à l’obésité, aux maladies chroniques et à l’insécurité alimentaire.
Sur le plan environnemental, la SNANC reconnaît la contribution significative du système alimentaire aux émissions de gaz à effet de serre, à la pollution de l’eau et à l’érosion de la biodiversité. Elle pointe également notre dépendance excessive aux importations, elles-mêmes génératrices de pollutions et soumises à des normes sanitaires parfois difficiles à vérifier. C’est d’ailleurs pour cette raison que je me suis exprimée à plusieurs reprises contre les accords de libre-échange comme le Mercosur.
En clair : notre façon de manger doit changer. Pour notre santé, pour notre économie, et pour la planète.
C’est pourquoi les objectifs pour 2030 sont ambitieux : réduction du surpoids, notamment chez les enfants, baisse des émissions de gaz à effet de serre du système alimentaire et contribution à la préservation de la biodiversité, avec un objectif central : préserver notre souveraineté alimentaire et nos exploitations agricoles.
Pour y parvenir, la SNANC recommande l’évolution de nos régimes alimentaires vers une plus grande consommation de fruits, légumes, légumineuses, tout en limitant la viande, en particulier celle importée. Les études sont sans appel : la population adulte consomme en moyenne 63 % trop de charcuteries et 87 % trop peu de légumineuses. Manger moins de viande, c’est aussi l’occasion d’en manger mieux, en privilégiant les fermes locales. Une manière de garantir la qualité de notre alimentation tout en soutenant concrètement nos éleveurs.
Ces recommandations vont dans le bon sens. Adapter nos habitudes alimentaires permet de réduire les risques pour notre santé, de renforcer notre souveraineté alimentaire et d’alléger, à terme, nos dépenses.
Mais cet effort ne peut pas reposer uniquement sur les ménages. Les collectivités et les entreprises doivent aussi prendre leur part. C’est pourquoi la SNANC recommande d’appliquer ces évolutions à la restauration collective : cantines scolaires, restaurants d’entreprise, restaurants administratifs. Combien sommes-nous à y manger chaque midi ? Ce levier est essentiel, d’autant que pour les plus jeunes, la cantine joue souvent un rôle déterminant dans l’éducation à l’alimentation.
Dans l’ensemble, les conclusions de cette stratégie sont positives : elles fixent un cap et identifient des leviers d’action. Je me dois néanmoins d’y apporter une nuance. La lutte contre les aliments ultra-transformés, responsables de nombreux dégâts pour notre santé, notre environnement et nos agriculteurs, n’y occupe pas la place que j’aurais souhaitée. Or on ne transformera pas durablement nos régimes alimentaires sans s’attaquer frontalement à ce modèle industriel.
Les recommandations de la SNANC devront désormais se traduire dans la loi et dans les budgets pour produire des effets concrets. Nous avons besoin d’un cadre législatif clair et de mesures contraignantes pour accompagner et orienter les acteurs de l’agroalimentaire vers des pratiques plus vertueuses.
Je salue la parution de ce texte, et le sérieux avec lequel ces travaux ont été menés ! Ils sont une source d’inspiration pour mes travaux parlementaires et les combats que je porte pour notre agriculture, notre santé et notre environnement !
Cette stratégie trace une direction. À nous maintenant d’en faire une réalité dans nos lois, nos cantines et nos territoires.Et vous, avez-vous vu évoluer l’alimentation dans votre commune ?