Baisse de fréquentation, hausse des tarifs de l'énergie
La restauration en difficulté : on fait le point.
27 mars 2026
Lundi, j’ai organisé une visite au restaurant du Guilec, à Plouzévédé. Un lieu que certains connaissent pour son passage dans Cauchemar en cuisine en 2021, mais qui, au-delà de cette parenthèse médiatique, raconte aujourd’hui une réalité beaucoup plus large.
Autour de la table, il y avait le maire de la commune, des représentants de l’UMIH Finistère, l’agence locale de l’énergie Héol, et surtout celles et ceux qui font vivre ce restaurant au quotidien : Marie-Laure Guillou et Patrice Cabioch. Des restaurateurs engagés, attachés au fait maison, aux produits locaux, et à une certaine idée de leur métier.
Derrière cette exigence de qualité, le constat est sans détour. Comme beaucoup d’autres, ils font face à ce que l’on appelle un “effet ciseaux” : moins de clients, plus de charges. La fréquentation a baissé, parfois fortement (35 à 40% dans le secteur). Et dans le même temps, les coûts explosent. L’énergie est devenue ici le deuxième poste de dépense, avec une facture qui atteint environ 20 000 euros par an.
Derrière cette baisse de fréquentation, il y a aussi une réalité que chacun connaît : celle du pouvoir d’achat. Aller au restaurant est devenu, pour beaucoup de familles, un plaisir que l’on espace, voire auquel on renonce. Ce que vivent les restaurateurs est donc directement lié à ce que vivent leurs clients.
L’incertitude imprègne fortement le secteur.
Les restaurateurs le disent clairement : ils ne savent plus vraiment où ils vont. Entre des factures difficiles à anticiper, un décalage entre consommation réelle et facturation, et des prix de l’énergie qui restent dépendants d’un contexte international instable, il devient compliqué de piloter son activité… et encore plus d’expliquer une hausse des prix à ses clients.
Dans ces conditions, chaque décision ressemble à un pari. Nous avons évoqué des pistes pour réduire cette dépendance énergétique : solaire, géothermie… Mais là encore, la réalité rattrape vite les intentions. Contraintes techniques, difficultés d’investissement : ce n’est pas simple. Même renégocier un contrat ou ajuster sa puissance électrique peut devenir un parcours du combattant.
C’est là que l’accompagnement prend tout son sens. Héol, par exemple, propose un suivi concret, à partir des données de consommation, pour identifier des marges de manœuvre. Ce type d’initiative est précieux et appelé à se développer.
Sur ces questions énergétiques, je me bats à l’Assemblée nationale, en hémicycle comme en commission pour que la transition ne soit pas une charge supplémentaire pour nos petites entreprises, mais une opportunité réellement accessible. Cela passe par un accompagnement renforcé, de la visibilité sur les prix,des dispositifs adaptés à la réalité du terrainpas seulement pensés depuis Paris.
Au fond, cette visite dépasse largement le cas d’un restaurant.
Elle pose la question collective de notre dépendance énergétique, qui chaque année, nous coûte environ 60 milliards d’euros. Dans le même temps, investir dans les énergies renouvelables représenterait entre 30 et 50 milliards sur dix ans.
Le choix est assez clair. Mais sur le terrain, il reste encore beaucoup à faire pour rendre cette transition accessible, concrète, et soutenable en particulier pour les petites entreprises. Les restaurateurs ne demandent pas de solutions miracles. Ils demandent de la visibilité, de la stabilité, et un accompagnement à la hauteur des défis qu’ils affrontent.
Et surtout, ils continuent, malgré tout, à tenir debout et à faire vivre nos territoires. Merci à eux.