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Et si le futur du transport maritime passait… par le vent ?

Quand la voile trace une nouvelle route pour le transport maritime

Priorité au direct - PPL Vélique

2 avril 2026

Et si le futur du transport maritime passait… par le vent ?Ces jours-ci, en commission du développement durable, puis en hémicycle, nous débattons de la proposition de loi, déposée par ma collègue Agnès Firmin Le Bodo, que j’ai co-signée, visant à accélérer le développement du transport maritime à propulsion vélique.

Ce texte, très attendu par le secteur, notamment en Bretagne, doit permettre aux armateurs possédant des navires se déplaçant à la force du vent de bénéficier de règles plus souples pour le développement de la filière. J’ai encadré les débats en commission et je m’exprimerai en séance la semaine prochaine sur ce texte : voici ce que je compte dire.


D’abord un peu de contexte : le transport maritime représente 3% des émissions de gaz à effet de serre, ce qui représente près d’un milliard de tonnes de CO2 chaque année. Un chiffre considérable, alors même que les États membres de l’Organisation maritime internationale se sont engagés en 2023 à atteindre la neutralité carbone du secteur d’ici 2050. L’accélération de la transition énergétique du transport maritime est donc urgente pour trouver des alternatives à la propulsion fossile pour l’instant largement dominante. 


Une solution directement exploitable existe : celle des voiliers-cargos.
L’entreprise morlaisienne Grain de Sail dont j’ai visité les locaux en janvier, en utilise depuis plusieurs années déjà, et ce moyen de transport a fait ses preuves au niveau international. Pionniers du transport décarboné à la voile, ils acheminent leur chocolat et leur café dans les cales des bateaux, limitant au maximum leur impact environnemental dans la fabrication de tablettes tout en soutenant un modèle durable et solidaire. 


Ce modèle, encore émergent, repose sur une idée simple : utiliser la force du vent pour compléter ou remplacer les moteurs traditionnels, grâce à des voiles, ailes ou autres dispositifs. Il permet non seulement de réduire les émissions, mais aussi de repenser nos chaînes logistiques, en favorisant des circuits plus sobres et mieux ancrés dans les territoires. Ces projets réduisent drastiquement les problématiques associées à la logistique maritime actuelle : émissions polluantes, bruit sous‑marin, risques de pollution, dépendance au pétrole et besoin en infrastructures lourdes. Ils incarnent un nouveau récit maritime, cohérent avec les attentes citoyennes, les enjeux climatiques et la diversification logistique des territoires.


La filière est déjà bien engagée. En France, ce sont 14 équipementiers qui développent des systèmes véliques, soutenus financièrement par l’État pour la recherche et le développement. 16 compagnies maritimes spécialisées ont vu le jour, créant plus de 1000 emplois en quelques années, et le secteur table sur 4000 emplois créés d’ici 2030. 


Mais ces acteurs restent encore fragiles. Plus jeunes, plus petits que les armateurs traditionnels, ils doivent aujourd’hui composer avec des règles et une fiscalité qui ne sont pas toujours adaptées à leurs spécificités.


La proposition de loi que nous examinons propose donc de donner un véritable cadre au transport maritime à voile et d’accompagner son développement, en agissant concrètement sur plusieurs leviers :

  • en reconnaissant juridiquement les navires à propulsion vélique,
  • en allégeant certaines charges pour les rendre plus compétitifs,
  • en soutenant les investissements dans des flottes décarbonées,
  • et en orientant une partie des financements du marché carbone vers ces solutions d’avenir.

L’objectif est clair : permettre à cette filière de changer d’échelle et de devenir une alternative crédible au transport maritime traditionnel.



Je suis convaincue de l’utilité de ces mesures. Elles permettront d’accompagner des initiatives déjà à l’œuvre sur nos territoires, de soutenir une innovation française prometteuse, et de répondre concrètement aux enjeux climatiques. Pour le Finistère, et en particulier pour notre territoire de Morlaix, ces évolutions sont loin d’être abstraites. Elles concernent directement des entreprises engagées, qui innovent et créent de l’emploi localement.


À l’heure où la transition écologique peut parfois sembler lointaine ou contrainte, ces projets montrent qu’elle peut aussi être concrète, utile et porteuse d’avenir.
C’est pourquoi je voterai en faveur de ce texte lors de son examen en séance publique.