Décryptage de la Proposition Pluriannuelle de l'Energie
Transition énergétique : que contient vraiment la PPE3 publiée par le gouvernement ?
26 février 2026
Chères lectrices, chers lecteurs, un nouveau texte a été publié par le gouvernement, il y a quelques jours : la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE3). Elle fixe le cap de notre politique énergétique pour les prochaines années. A l’instar de la Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat (SNANC) dont je vous parlais il y a quelques jours, j’ai pris le temps de lire cette PPE (environ 200 pages) et je vous en propose une lecture claire.
D’abord, un peu de contexte.
La PPE est le document qui planifie notre production et notre consommation d’énergie : combien d’électricité nous allons utiliser, comment nous allons la produire et à quel rythme nous allons réduire notre dépendance aux énergies fossiles. C’est un outil essentiel pour donner de la visibilité aux collectivités, aux entreprises et aux citoyens.
La publication de cette PPE 3 était attendue et nécessaire. Nous avons besoin d’un cadre clair pour avancer : sans trajectoire lisible, il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’investir, de planifier les infrastructures et de débattre sereinement des choix énergétiques. J’attendais donc sa publication avec impatience, et j’ai d’ores et déjà prévu que la commission du développement durable se joindre à celle des affaires économiques pour l’audition de Roland Lescure, ministre de l’Economie et de la Souveraineté énergétique en mars.
Le texte part d’un constat simple : si nous voulons moins dépendre du pétrole et du gaz, notamment importés, nous allons devoir électrifier davantage nos usages. Transports, chauffage, industrie : la demande en électricité va augmenter. Il faut donc adapter notre offre. Sur ce point, la PPE trace une direction cohérente : développer les énergies décarbonées et renforcer notre production électrique. C’est un enjeu majeur de souveraineté énergétique, dont je vous parle souvent, pour mieux maîtriser nos approvisionnements et nos prix.
C’est pourquoi je trouve que ce texte va dans le bon sens : au vu du contexte géopolitique dans lequel nous nous trouvons, produire notre propre énergie, et mieux en maîtriser les coûts est essentiel ! Mais je pense que nous ne pouvons pas nous contenter d’avancer trop lentement. La transition électrique est au cœur de notre stratégie climatique. Il faudra sans doute aller plus vite, tout en tenant compte des contraintes industrielles et territoriales. C’est d’ailleurs ce que le texte prévoit, avec une réévaluation en 2028.
Cet enjeu se pose très concrètement dans nos territoires, et le projet d’éolienne en baie de Morlaix l’illustre parfaitement. J’aimerais en parler un instant.
Je ne suis pas opposée à ce projet par principe. Produire une électricité décarbonée en mer peut contribuer à renforcer notre souveraineté énergétique. Si nous voulons sortir des énergies fossiles, nous devons aussi augmenter notre production d’électricité.
Mais cela ne peut pas se faire sans les habitants.
Un tel projet doit être construit avec le territoire : élus locaux, riverains, pêcheurs, acteurs économiques. L’objectif doit être clair : limiter au maximum les nuisances et trouver les meilleurs équilibres possibles. La transition énergétique ne peut réussir que si elle est comprise et partagée.
La PPE 3 fixe un cadre. C’est une étape indispensable. Mais elle n’est qu’un point de départ. Sa réussite dépendra de sa traduction concrète dans les lois, les investissements et les projets locaux.
Nous avons besoin d’une politique énergétique à la fois ambitieuse et respectueuse des territoires.
Ambitieuse pour sortir réellement des énergies fossiles.
Respectueuse pour associer celles et ceux qui vivent là où les projets s’implantent.